Mission Doc Champa 2025
En novembre 2025, douze bénévoles de l’association Doc Champa se sont rendus au Laos pour une mission ophtalmologique.
L’équipe réunissait deux ophtalmologistes (Hélène et Xavier), quatre orthoptistes (Céline, Emeline, Emilie et Sophie) , un technicien (Nicolas) et trois interprètes (Sout, Vanessa et Xaypaseuth), accompagnés de Chinda, Présidente de Doc Champa, et de Philippe, Secrétaire Général, assurant la coordination, la logistique et la continuité des valeurs de l’association.
Pendant une semaine, l’équipe est allée à la rencontre de populations privées d’un accès régulier aux soins visuels, dans des écoles, des villages et des hôpitaux aux conditions souvent très éloignées de celles que nous connaissons.
Pourquoi partir ?
Les motivations des bénévoles sont diverses, mais toutes profondément humaines.
« Revenir aux sources était pour moi une évidence », confie Vanessa, interprète.
« Participer à cette mission était une façon concrète de rendre ce que j’ai reçu ».
Pour South, interprète, l’engagement s’inscrit dans la continuité : « Je voulais aider la population laotienne » et « renouveler une expérience humanitaire qui s’était très bien passée l’année précédente ».
Du côté médical, le désir d’agir est central.
« Je voulais faire une mission humanitaire depuis longtemps », explique Hélène, ophtalmologiste. « Le partage avec l’équipe et la découverte d’une autre culture ont dépassé mes attentes ».
Même constat pour Xavier, ophtalmologiste : « Je voulais donner de mon temps et de mon expérience » et « me rendre utile dans le domaine que je connais le mieux ».
S’adapter au terrain
Sur place, l’adaptation est permanente. Le matériel est limité, les conditions parfois rudimentaires.
« Il a fallu faire avec les moyens du bord », reconnaît Hélène, « mais c’est une excellente leçon ».
À Boualapha, une coupure de courant interrompt une chirurgie.
« La surprise a été générale, mais l’activité ne s’est pas arrêtée », raconte Nicolas, technicien. « Même sans se comprendre par la langue, on se comprenait par les gestes ».
La barrière linguistique est bien présente, mais rarement un frein à l’essentiel.
« Il existe un langage universel : celui du sourire », rappelle Vanessa.
Pour Xaypaseuth, interprète et membre du CA de l’association, l’enjeu est collectif : « Il est essentiel que tout le monde forme une seule et même équipe et j’ai veillé à ce qu’aucun groupe ne reste isolé ».
Des journées intenses
Les consultations s’enchaînent, les patients arrivent nombreux.
« Le nombre de patients à dépister était important pour notre petite équipe », explique Emilie, orthoptiste. « Certaines journées étaient très denses ».
Pour Emeline, orthoptiste, cette intensité est aussi formatrice :
« Nous avons dû improviser avec le matériel disponible » et « cela a renforcé notre capacité d’adaptation ».
Les situations rencontrées laissent une empreinte durable.
« Je me souviens de ce Monsieur arrivé avec une main au sol pour se guider », raconte Céline, orthoptiste. « Le revoir opéré le lendemain, souriant, a donné tout son sens à notre action ».
Sophie, orthoptiste, retient l’essentiel :
« Chaque sourire compte » et « le bonheur du petit rien est magique ».
Ce que la mission transforme
Au fil des jours, la mission agit comme un révélateur.
« On relativise beaucoup de choses », confie Vanessa, « inutile de se prendre la tête pour des futilités ».
Même prise de conscience pour Céline :
« Nous sommes, en France, des personnes très privilégiées » et « ce peuple nous apprend la sérénité ».
Sur le plan professionnel, l’impact est tout aussi fort.
« J’ai appris à être plus inventive et adaptable », souligne Emeline.
Nicolas met en avant « la complémentarité entre les équipes laotiennes et françaises » ainsi que « la cohésion qui s’est installée très rapidement ».
Conclusion – Une lumière durable
Quand la mission s’achève, chacun repart transformé.
« Redonner la vue, c’est redonner l’autonomie », résume Xavier.
Pour Hélène, « la résilience des patients impose le respect » et « le partage avec l’équipe restera gravé ».
Les besoins restent immenses, mais une certitude demeure : chaque mission compte.
Grâce à l’engagement des bénévoles, au soutien des partenaires et à la générosité des donateurs, Doc Champa continue d’agir là où les soins manquent le plus.
Et sur le terrain, un sourire retrouvé suffit souvent à rappeler pourquoi nous sommes là..